Kaya 2008 : Newsletters

Bonjour à toutes et à tous !

Nous voilà enfin en Afrique, au Burkina-Faso dans la ville de Kaya, tous en bonne santé et ultra motivés !!!
Aymeric, Barth, Henri, Pijou (Benoît pour les autres), Cédric, Mika et Lyonel sont partis de Lyon Mardi 1er Juillet à 10h30 de la gare de la Part-Dieu. Nous avons pris le TGV pour l’aéroport CDG où nous avons retrouvé le reste de l’équipe : Kadidja, Hermann et Etienne. Après de longues heures d’attente et sûrement le sandwich le plus cher et le moins bon de France mangé, nous avons embarqué vers 17h30 dans un magnifique airbus A321 de la compagnie Air Méditerrané. Une petite escale (de 2h !!!) pour faire le plein de fioul et vers 00h30 heure locale (02h30 heure de Paris…) nous avons foulé le sol burkinabé. Après 5h30 de vol et près de 14h d’attente nous arrivons enfin dans « le pays des hommes intègres ». La première chose qui nous surprend est la chaleur lourde et imposante, l’humidité et le calme qui règne dans Ouagadougou, la capitale du Burkina-Faso. Heureusement l’orage venait de s’abattre sur la ville avant notre arrivée. Les nuages étaient partis, laissant place à un magnifique ciel étoilé. Il ne reste alors plus que la douane à traverser et les valises à récupérer.

Une fois nos affaires en main, nous traversons le « hall » (qui ressemble plus à une salle d’attente de médecin…) de l’aéroport pour retrouver notre contact sur place, Anastase. C’est un membre de l’association partenaire NTBF avec qui nous travaillons depuis 1 an sur ce projet. Son accueil est très chaleureux. Pouvoir enfin mettre un visage sur ce prénom qui a été omniprésent dans toutes nos réunions fait vraiment plaisir. Une fois les présentations effectuées, nous nous sommes dirigés vers une auberge réservée pour nous. Sur le chemin, malgré la nuit, la pauvreté du Burkina nous surprend. Nous savions que le Burkina-Faso est parmi les pays les plus pauvres du monde, mais voir tous ces gens dormir à même le sol au bord de la route… Ca fait mal au cœur. La première nuit en Afrique… Les premiers moustiques… Mais nous avons tout ce qu’il faut !! Donc pas d’inquiétude, sauf pour Etienne qui fait une fixation sur les moustiques.

Mercredi matin, 07h40 Kady réveille tout le monde. Un café et des tartines pour le petit déjeuner et nous voila reparti. Un taxi nous emmène à la « Gare Routière » de Ouaga… C’est en fait un cul de sac avec plein de bus, motos, vélos, marchandises… La nous prenons un bus pour Kaya, la ville où nous allons mener le projet. Le bus est le moyen de transport le moins cher et on comprend vite pourquoi… Ils ont un sens du rendement hors du commun en ce qui concerne les moyens de transports. Que ce soit valises, marchandises, vélos, motos ou même les voyageurs, ils entassent au maximum !!! Il faut vraiment le voir pour le croire… (Nous mettrons les photos en ligne dès que possible) Après 2 heures de routes et avoir manqué d’écraser 10 chèvres, 3 vélos et 2 piétons, nous arrivons à Kaya. Il est 11h et il fait très très chaud !! Nous commençons à ressentir les effets de la chaleur… Nous rencontrons à la descente du bus notre contact local Draman, de la NTBF. Puis direction le Lycée Provincial de Kaya où toute la direction et l’association des parents d’élèves nous attendent pour nous accueillir. Un accueil très chaleureux suivi d’un excellent repas : Poulet Frites et mangues, le tout avec une bonne bière burkinabaise bien fraîche. Une fois les présentations effectuées et les remerciements échangés, nous partons pour notre résidence à 1 km de l’école. Il s’agit de chambres appartenant à la commune qui nous sont gracieusement prêtés par le maire. En fait nous avons une « maison » de six chambres rien que pour nous dans le secteur 7, un quartier très calme de la ville. Il est 17h, nous sommes installés dans nos chambres quand le proviseur du lycée vient nous chercher pour nous faire visiter la future salle informatique et la salle actuelle. La salle qui accueillera la grosse majorité de nos ordinateurs est flambant neuve !!! Tout est parfait. Seule la connection Internet fait défaut mais elle est prévue pour 2009. La salle actuelle compte 5 pc opérationnels… Connaissant désormais les lieux et les tâches que nous auront à effectuer, nous repartons chez nous pour se changer. C’est alors que la nuit tombe. Le temps de prendre une douche et hop !! Il fait nuit. C’est vraiment surprenant. A 18h15 il fait jour mais à 18h30 c’est nuit noire. Très surprenant la première fois. Un bon repas et voila qu’on retrouve nos amis de la NTBF que nous menons dans un bar en ville. 2 km à pied…Une adresse que nous ont donné trois français en stage à l’hôpital à coté du lycée. Premier soir à Kaya et première grosse fête avec la population locale !!! Tout simplement énorme… Reste encore le retour. 3 km à pied… Pas facile après cette folle journée !

Après une bonne nuit, nous venons prendre le petit déjeuner au lycée. 8h du matin, notre « chauffeur » Pélé vient nous chercher en voiture. Nous nous mettons immédiatement au rythme africain : Doucement le matin, pas trop vite le soir… La chaleur n’aidant pas. Premier jour de travail : on réfléchit à la disposition des salles, on planifie la formation et on prie pour que la matos arrive le plus vite possible. Un petit match de foot avec les enfants du quartier, une douche bien rafraîchissante et encore un bon repas préparé par Lucienne, notre « cuisinière », la newsletter écrite et envoyé, une belle soirée nous attend, tout va bien mon ami, y’a pas de problème !!!

A bientôt pour de nouvelles aventures,

L’équipe d’Afric’Edu
Kaya 2008

Kaya 2008 : Newsletter 2

Bonsoir à tous, voici quelques nouvelles du projet depuis jeudi dernier.

Pour reprendre là où l’on s’était arrêté la dernière fois, nous voici donc vendredi matin. On termine les derniers préparatifs dans les locaux, pour accueillir la future installation, pendant que d’autres partent avec le proviseur et Draman, afin de voir le camion qui sera utilisé pour le transport du matériel entre Ouaga et Kaya. Mais la matinée est vite achevée lorsque une « petite » averse pointe le bout de son nez. C’est quand même surprenant : en deux minutes, on perd dix degrés, le vent soulève le sable au point que l’on ait du mal à ouvrir les yeux, puis c’est le déluge. Pendant deux heures, la pluie inonde littéralement la ville. L’absence de réseaux d’assainissement efficace favorise l’apparition de torrents et de flaques. Ce qui est encore plus saisissant, c’est l’effet que ce genre de pluie a sur la population : tout le reste de la journée, tout fonctionne au ralenti. Cependant, on peut travailler dans des conditions qui sont pour nous bien plus agréables. Alors que les Kayalés sont frigorifiés : les bonnets et doudounes sont de sortie (bien que la température soit au moins de 20°). Une soirée une fois de plus très enrichissante et divertissante clôture cette journée, résolument fraîche.

Pour le début de notre premier week-end, le paysage au lever est saisissant : plusieurs femmes sont déjà au travail, et certaines parcelles ont déjà été entièrement labourées (à la bêche) devant notre logement… alors qu’il est 9 heures du matin. La fraîcheur du matin explique que la plupart n’attendent que la levée du soleil (soit 5 heures) pour aller travailler la terre. De notre côté, on profite de notre temps libre pour marcher jusqu’au lycée et entendre les très jeunes enfants crier « Nasara » (comprenez « Blancs ») à notre passage. Une fois de plus, les échanges avec les locaux sont extrêmement courtois et chaleureux. Si on s’arrêtait pour discuter avec chaque Africain que l’on salue, les 500 mètres entre notre logement et le lycée prendraient certainement une matinée entière. On profite d’une belle après-midi pour aller voir le barrage, et la « campagne » burkinabaise. Il est très difficile de décrire le paysage offert, tellement c’est magnifique et dépaysant (on joindra à la prochaine Newsletter quelques photos de ce paradis). Un peu plus loin, on prend enfin de la hauteur en se promenant sur les collines environnantes afin d’admirer le panorama. Une fois de plus, extraordinaire. Le plus saisissant, c’est que les terres sont cultivées à perte de vue, au beau milieu de zones vides d’habitation.

Après une belle soirée (une fois de plus), nous nous laissons guider, dimanche matin, dans le marché par Pélé et Hermann. Il se divise en deux zones : une couverte, appelée « hall des artisans » mais que l’on peut très bien traduire par « coin des touristes ». Les produits proposés (essentiellement de la maroquinerie, des décorations et des bijoux) nous sont très gentiment proposés par les vendeurs kayalés à des prix… « légèrement » supérieurs à ceux normaux. On marchande comme on peut, mais il faut parler longtemps, très longtemps pour arriver à faire baisser les prix de quelques centaines de francs CFA (soit quelques dizaines de centimes d’euros). Même si les prix sont dérisoires, nos amis burkinabés explosent de rire quand on leur annonce les sommes auxquelles les objets nous ont été cédés… Peu importe, on reviendra ! L’après-midi, on s’échappe encore une fois de la ville pour aller admirer ces paysages grandioses et profiter du coucher de soleil. Encore une fois, un tel spectacle n’a pas de prix. Il n’y a aucun bruit, seulement les sifflements de quelques oiseaux exotiques et les cris des derniers enfants encore dans les champs.

Retour à la réalité, derniers préparatifs avant les formations théoriques qui débuteront le lendemain matin. Apparemment, les jeunes Kayalés sont venus s’inscrire en masse pour participer à nos cours… On va enfin pouvoir donner de l’aide à cette population ! Mais la matinée est surtout marquée par la visite chez le chef du canton avec le proviseur, Draman et Moussa, président de l’Association des Parents d’Elèves. Ce personnage est très certainement le plus influent sur toute la ville de Kaya : c’est le chef coutumier, celui qui fait en sorte que la culture et les coutumes burkinabaises soient respectées. C’est surtout lui que l’on vient consulter, lorsque des décisions importantes doivent être prises (même le maire s’en remet à lui pour certains domaines). Là encore, on est très impressionné dès notre entrée dans son « palais », comme il le nomme. Il est assis dans un fauteuil imposant, tout le monde a énormément de respect pour lui, même son « valet » (ou bien « premier ministre »), bien qu’âgé d’au moins quarante ans de plus et assis par terre, à côté du fauteuil. Vu d’un œil « européen », on aurait tendance à prendre cela pour de l’abus de pouvoir, et chaque « service rendu » au nom du « chef » comme une forme de corruption. Mais il faut admettre la chose suivante : cela a toujours fonctionné ainsi en Afrique, et de manière très efficace. Avant que le colonialisme n’intègre les administrations, tout fonctionnait ainsi. En voulant leur imposer notre mode de démocratie, on a déréglé pas mal de choses… Sans vouloir nous prouver que l’Afrique est en retard à cause du colonialisme, Moussa nous a ouvert les yeux, une fois de plus, sur le problème africain et notamment ses origines. C’est peut-être ça aussi, le but d’une mission humanitaire : découvrir d’autres cultures, d’autres sociétés, et gagner en ouverture d’esprit.

Et après avoir fini de préparer les cours lundi, nous sommes rentrés dans le vif du sujet mardi matin. C’est certainement par les situations les plus délicates que notre travail a démarré : faire comprendre (et surtout intéresser) à un enfant de 6ème, n’ayant jamais vu un ordinateur, ce qu’est un PC. Finalement, tout s’est très bien passé : les jeunes locaux sont très intéressés, et nous avons enfin l’impression d’avoir rendu quelque chose à la population burkinabaise, après tout ce qu’ils nous ont offert. Cela nous donne encore plus d’idées et d’entrain pour les sessions suivantes. Puis, nous allons visiter durant l’après-midi la laiterie, où trois Françaises sont également en mission. Vous vous en doutez, les travailleuses Kayalées nous accueillent une fois de plus très chaleureusement et nous font goûter les délicieux yaourts préparés avec l’aide de « nos sœurs », comme elles les appellent. Pas de doute, elles ont gagné quelques clients.

C’est ici que s’achève cette Newsletter. On en profite pour vous dire que tout va bien (santé – même si quelques mets locaux nous ont (enfin ?) donné un peu de fil à retordre – moral et motivation, tout est au top). Nous tenterons, si la connexion le permet, de vous faire parvenir quelques photos de notre périple la prochaine fois !

Bill Fou ! (A très bientôt)

L’équipe d’Afric’Edu
KAYA 2008

Kaya 2008 : Newsletter 3

Bonjour à tous,
Nous voici le mercredi 9 juillet, les cours théoriques continuent avec les nombreux motivés inscrits auparavant ou venus le jour même, de ce fait l’organisation des groupes est très compliquée. En effet, beaucoup des inscrits ne viennent pas alors que beaucoup de non inscrits se présentent.
Un autre problème, et non des moindres, vient perturber le bon déroulement de la formation, il s’agit de la ponctualité : les élèves arrivent au compte goûte de 8h00 à 11h00, Kadidja prend alors les choses en main et fait comprendre à tout le monde que les retardataires ne seront plus acceptés en cours. Etrangement, le lendemain, tout le monde est ponctuel.
Les cours se déroulent jusqu’au vendredi matin, date à laquelle 100 élèves ont suivi la formation théorique.

Pour nous détendre de cette semaine « chargée » nous décidons de nous rendre à Ouagadougou pour nous enregistrer à l’ambassade de France, visiter les locaux de NTBF (l’association partenaire sur place), effectuer une visite à l’université ayant accueilli le projet Afric’Edu de 2005 et enfin en profiter pour faire du tourisme.
Toute la petite troupe débarque à Ouagadougou vendredi. Etant habitué au calme de la ville de Kaya, la capitale nous apparaît comme une immense fourmilière remplie de vendeurs ambulants, ce qui n’est pas pour déplaire à tout le monde.
Le point intéressant de notre court séjour à Ouaga, est la visite de l’université où l’équipe d’Afric’Edu 2005 avait installé une cinquantaine d’ordinateurs. Nous avons pu constater qu’une partie des PC est toujours utilisée par les étudiants et qu’ils ne peuvent désormais plus s’en passés dans leur cursus. Cette nouvelle nous redonne un coup de motivation supplémentaire et présage un potentiel second partenariat avec l’université pour venir rééquiper leur salle informatique.
Le retour dans le Samatenga se fait comme l’aller, dans un bus roulant à 100km/h sur une route presque bien entretenu préférant l’usage du klaxon à celui du frein. :)
Nous arrivons à Kaya, samedi en début de soirée.

Dimanche, nous partons en randonnée vers une colline que nous avions repérée précédemment. Nous marchons près de 38 km à travers la savane burkinabaise rencontrant quelques villages reculés où la présence de Nasara (blancs en moré) n’est pas des plus communes. Nous subissons par la même occasion la pesante chaleur du soleil africain et la mauvaise gestion de l’eau qui vient à manquer dès la moitié de la ballade, heureusement Aymeric avait emporté quelques pilules purificatrices qui nous permet de puiser de l’eau dans l’un des rares puits que nous croisons.
Après 6H de marche et quelques erreurs d’orientation, nous retrouvons note cottage là où nous l’avions laissé.

Nous entamons aujourd’hui, mardi 15 juillet, la troisième semaine à Kaya, et malheureusement les PC ne sont toujours pas en notre possession. Nous gardons cependant le moral et tentons de nous occuper utilement.

Côté infirmerie, « lafi bébé » pour certains. « N’kiémié » pour d’autres. En français, « ça va » pour certains, pour d’autres moins. (Tourista quand tu nous tiens)

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Kaya 2008 : Newsletter 4

Aujourd’hui, mardi 29 juillet, 22h18. L’espoir de voir les ordinateurs arriver à Kaya s’amenuise petit à petit. En effet, après deux semaines de négociation, de remplissage de papier et autres tâches administratives notre matériel était enfin prêt à partir direction le lycée. Seulement, ça aurait été trop facile et voila que ce lundi un petit souci informatique chez le transporteur chargé de notre colis bloque la transaction jusqu'à jeudi minimum. Réaction de l’équipe et de l’administration du lycée : frustration, déception en un mot : « pfffffff c’est long ! ».

Ce n’est pas pour autant qu’Afric’edu s’est relâchée !! Bien au contraire : fort d’une motivation et d’une détermination plus que certaine, nous avions décidé la semaine dernière de creuser la tranchée afin d’enterrer le câble réseau reliant le cybercafé à l’administration. Aidés par des jeunes Kayalais surentraînés, en une après-midi les 40 mètres de tranchée étaient avalés. Nous avions ensuite préparé la future salle informatique pensant que les machines arriveraient plus tôt. Il n’en fut rien. Finalement nous avons entrepris de former les élèves présents aux cours théoriques avec les quelques ordinateurs du cybercafé. Ainsi lundi, nous avons commencé les cours sur le traitement de texte en session de 2h à 20 élèves…et il faut dire que ça s’est plutôt bien déroulé, même si les niveaux sont hétérogènes. A ce jour nous avons donc formé 150 élèves à la théorie et au traitement de texte ! C’est une petite victoire dans notre lutte sans merci pour l’obtention des ordinateurs : « libérez les ordis !! libérez les ordis !! ».

Pour ce qui est de l’aspect culturel de ce séjour, certains d’entre nous ont profité de l’absence du matos pour s’évader au sud-ouest du pays plus précisément vers Bobo-dioulasso et Banfora. Nous sommes donc partis à l’aventure vendredi dernier (après avoir appris à contre cœur que le matériel serait encore bloqué jusqu'à lundi au moins) direction Ouaga puis Bobo pour 7h de trajet à 40°C ! A bord d’un bus plutôt bondé et étriqué nous avons parcours de long en large le Burkina pour atterrir en pleine nuit à Bobo, capitale culturelle. Un charmant petit hôtel pour passer la nuit et le lendemain nous visitions la ville, beaucoup moins étouffante que Ouaga il faut dire. Un tour par le marché, la mosquée et puis direction Banfora, une petite ville célèbre pour sa canne à sucre, son coton, ses cascades et ses touristes blancs ! Là-bas nous avons vécu une expérience unique : un trajet sans retour à 7 dans une Renault 21 transformée en « Taxi brousse » sur une chaussée défoncée !! Finalement plus de peur que de mal, il faut dire que le chauffeur était du genre Ari Vatanen sur le Pikes Peak : un vrai pro ! Nous avons ensuite tenté de voir des hippopotames à bord de pirogues sur le célèbre lac de Tengrela…en vain ! Nous nous sommes consolés avec une nuit dans une petite case, très pittoresque ! Le retour a été d’autant plus violent que la fatigue se faisait sentir tout au long du long, très long voyage. Finalement, dimanche nous étions de nouveau à Kaya après une pause plus que bénéfique dans un climat plutôt tendu par l’attente désespérée de 60 ordinateurs….

 

On croise donc les doigts encore et toujours, surtout Hermann et Kadidja qui partent vendredi et qui à l’heure actuelle ne sont pas sûr de voir le bout du nez d’un clavier !

 

A bientôt pour la suite et fin de nos aventures au Burkina-Faso

Kaya 2008 : Newsletter 5

 

Vendredi 1er Août

 

Enfin une bonne nouvelle !!! Le matériel est arrivé hier en milieu d'après-midi. Et première bonne surprise: il est au complet ! Rien ne manque. Dès l'arrivée du camion, une multitude de personnes du lycée (enseignants, gardien, élèves, ...) sont venus nous aider pour décharger les cartons. Ces derniers étaient dans un état lamentable: tous déchirés, évantrés, ... Malgré cela, une chaine humaine s'est faite toute seule et en moins de vingt minutes les 16 cartons étaient vidés et le matériel stocké dans une salle d'informaique flambant neuve.

 

A la fin des cours (vers 18h) l'ensemble de l'équipe s'est rendu dans la salle afin de déballer les derniers cartons et rassemblez, trier le matériel. Pendant 1 heure, nous étions comme des enfants le jour de noël (Chaque ordinateur, écran, imprimante,... étaient emballés dans des sacs poubelles afin de garantir un minimum d'étanchéité lors du transport; ces sacs poubelles étaient donc comme du papier cadeau). Nous avions tellement attendu ces cartons que les avoir enfin en face de nous était un soulagement immense. Et un bonheur certain ! Un premier inventaire effectué nous permet de conclure rapidement que l'ensemble du matériel est en bon état. Pas de casse majeure. Après avoir mangé, nous sommes retournés dans la salle afin d'installer les ordinateurs. Après 3 heures de rangements et d'installation, la salle est prête et fonctionnelle. Nous avons testé tous les ordinateurs et seulement 3 sont à réparer et tous les écrans sont fonctionnels ! A l'heure actuelle, il ne reste plus que des mises à jour à effectuer avant que la salle soit parfaitement opérationnelle.

 

Nous avions envoyé environ 70 ordinateurs. Tous fonctionnent (moyennant parfois certaines réparations basiques). Nous pourrons donc équiper une salle informatique (40 postes), un cyber café (16 postes dont 5 fournis par le lycée), l'administration (4 postes), la bibliothèque et le laboratoire de sciences (nombre de postes à déterminer). Nous avions également envoyé environ 200m de câble ethernet. Celui-ci nous permettra de relier le batiment administratif au CyberCafé du lycée et donc à internet. C'est pour cela que nous avons creusé une tranchée de 45m la semaine dernière.

 

A l'heure actuelle, seule la salle informatique est installée. Avant notre départ, nous allons finir l'installation dans l'ensemble du lycée. Une émission de radio est prévue ce Week-End. Il s'agira d'une émission spéciale concernant l'importance des logiciels libres en Afrique. Et nous en seront les protagonistes. Une cérémonie sera également organisée avec les membres du lycée, les autorités locales et quelques membres de NTBF (l'association avec qui nous travaillons depuis 1 an sur ce projet). Et la partie la plus dure: la mise en place du cyber café. Bref, un week-end chargé nous attend ! Mais la motivation étant remontée au plus haut avec l'arrivée du matériel, tout se passera bien !

 

A très bientôt,

 

Afric'Edu

Kaya 2008 : Newsletter 6

Lundi 04 Août, il est 21:20, et c'est bientôt fini. Tout le travail qu'a effectué l'équipe Afric'Edu KAYA 2008 se doit de perdurer le plus longtemps possible, mais ce soir c'est véritablement la fin d'une belle aventure qui est dans toutes les têtes.

Nous vous rassurons, nous ne sommes pas trop tristes. Non, plutôt contents. Voire ravis du travail effectué toute cette année, de l'aboutissement du projet et des perspectives, ici au lycée provincial. Mais l'échéance qui approche à grand pas ne fait qu'amplifier le pincement au coeur que chacun ressent.

Le travail effectué depuis l'arrivée du matériel a été assez monstrueux. Tout d'abord, il a fallu installer la nouvelle salle, dotée de 40 PC tous branchés sur Linux. En fait, cette étape a été même rapide, en une soirée la majorité des PC étaient en état de fonctionner. Merci à l'équipe info qui a effectué du très bon boulot dans la préparation du matériel en France. Nous avons été surpris de voir aussi peu de casse (et fiers aussi, avouons-le), seulement quelques écrans commençant à rendre l'âme, mais pratiquement aucun problème du côté des UC.
Puis nous nous sommes attelés à la salle du cyber. Là, ça a été moins évident. Beaucoup moins évident. Ubuntu est un système d'exploitation génial, grâce à sa communauté qui le rend bien plus performant qu'un Windows classique. Mais dès que l'on veut l'utiliser à des fins plus exotiques qu'un simple traitement de texte, ça se corse.
L'installation du logiciel du cybercafé a été une véritable course contre la montre. Peu de logiciels fonctionnent bien, et aucun ne fonctionne comme on l'aurait voulu. Du coup, il a fallu beaucoup chercher et travailler afin de rendre la version finale bien plus ergonomique et pratique que ce que le programme proposait initialement.
Nous pensions pouvoir ouvrir le cyber ce matin, mais il a fallu retarder d'un jour afin d'améliorer sensiblement le service rendu.
A côté de cela, il fallait aussi installer les ordinateurs de l'administration. Ou, devrait-on dire, « fournir un accès à Internet ». C'est une des tâches qui a finalement été la plus importante, d'un point de vue diplomatique :) L'attente était énorme, on a cru ressentir un soupçon d'impatience de la part de l'équipe administrative lorsqu'ils ont réalisé que non, nous ne pourrions pas leur fournir un accès au Net en seulement quelques heures. Mais on savait à quoi s'attendre :)

Hier soir a eu lieu la cérémonie d'au revoir (et non pas d'adieu, terme beaucoup trop pessimiste comme le disent les locaux). Un beau moment de convivialité et surtout d'amicalité. Même si nous n'étions pas à quelques minutes du départ, un vent de mélancolie a soufflé lorsque les discours ont été énoncés. En un mois, de véritables liens d'amitié se sont créés. Nous commencions tout juste à être vraiment habitués au climat local que déjà, il faut faire ses valises. Echanges de cadeaux, arrosés de quelques bières et accompagnés de viandes cuites au four (exquis!) ont permis à chacun de témoigner encore une fois toute la sympathie partagée. Chaque membre d'Afric'Edu a d'ailleurs reçu une magnifique serviette en cuir (une serviette pour ranger ses documents, car le cuir n'a jamais vraiment bien absorbé l'eau...) avec un logo Afric'Edu et l'inscription « Lycée Provincial de Kaya » inscrits, en teinture ! Un cadeau qui fait chaud au coeur et qui ne manquera pas d'être arboré très fièrement par chaque membre l'année prochaine :)

Les derniers perfectionnements ont lieu actuellement, demain le cyber va réouvrir, encore plus fort, encore plus beau! Le logiciel utilisé permettra une meilleure gestion des comptes d'utilisateurs, un suivi financier constant et surtout, un accès utilisateur restreint afin de préserver les PC.

Mais ce soir, c'est le mois passé ici, ainsi que tout le travail effectué en France, qui est dans les têtes. On nous avait prévenus : on a certes apporté quelque chose à l'Afrique, mais c'est aussi et surtout l'Afrique qui nous a apporté. Cette aventure nous a tous un petit peu transformés, sur le plan humain notamment. Monter un projet ici, au coeur de l'Afrique, n'a pas d'équivalent.

C'est maintenant la tête remplie d'histoires que nous allons redécoller, pour retrouver amis et famille. Pas de doute, on aura matière à alimenter les discussions... !

Bill fou ! (à très bientôt en Mooré – écriture phonétique)

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