Bonjour a tous !
Toute l'équipe d'Afric'Edu promo 2006 : Martin, Arnaud, Anne, Clémence, Eric, Julien, François et Jérémie , vous donne les premières nouvelles de notre arrivée sur le sol africain...
Nous sommes bien arrivés à Ouagadougou! La température à l'arrivée était de 27 degrés à minuit (2h du mat en France)! Le voyage a cependant été assez (voir très) long : beaucoup de turbulences (Arnaud et Julien se sont bien accrochés pour leur baptême de l'air) et une escale à Alger de 6h dans la zone internationale. Nous n'avons donc pas pénétré en Algérie, sauf Eric qui est allé sous escorte récupérer quelques médicaments pour ses oreilles (fragiles...) suite à la dépressurisation. Enfin, nous sommes arrivés à Ouagadougou avec une heure de retard, mais l'accueil, par les étudiants, n'en a été que plus formidable !!!
Apres chargement des bagages, Arnaud et Eric on fait un tour dans la ville en mobylette car la camionnette était pleine. Nos premières impressions de la ville la nuit : Une très grande pauvreté (bidonvilles et taudis) mêlée à une joie de vivre et une ambiance très festive. Le contraste nous a vraiment surpris et le dépaysement a été vraiment total !
Concernant l'accueil, cela est vraiment très au delà de nos attentes! Nous avons des chambres de 4 lits pour deux personnes (par chambre), avec ventilateur au plafond, clef etc... Les douches et wc sont propres. Nous logeons de plus dans une sorte de grande résidence pour les personnes de l'université avec gardiens permettant une bonne sécurité.
Nous avons de plus été accueillis par deux français (Matthieu et Marlène) en stage à Ouaga depuis plusieurs mois qui nous on beaucoup parlé de la vie ici et donné de nombreux conseils.
Aujourd'hui, nous avons pris le petit déjeuner en ville (thé bouillant + sandwich avec de l'omelette huilée à l'oignon au milieu). Jérémie a même trouvé de la viande sous forme de mouche dans son omelette et des têtes de chèvres coupées quelques heures avant (et les odeurs associées) trônaient devant l'entrée du maquis (restaurant). Personne n'est encore malade, espérons que nous nous habituerons bien! Mais avec l'Intetrix pris matin et soir cela devrait bien réduire les risques!
Après avoir réglé les divers problèmes administratifs (passage à l'ambassade (donc en territoire français !!)) et passage à la banque pour faire du change (nous sommes millionnaires en francs CFA !!! :) )), nous avons dégustés notre premier vrai repas local (du riz sauce ragoût pour tout le monde sauf François qui a goutté aux brochettes et petits pois à la sauce (très très) épicée !! (c'est pas pour les « biiiip ») !
En plein jour, notre vision de la circulation a vraiment changée !!! Des vélos, des motos à ne plus savoir qu'en faire et c'est de la conduite dans tous les sens au feeling local! Au niveau des animaux, le premier contact a été établi! Il y a de nombreux geckos et autres gros lézards partout mais ils sont totalement inoffensifs. Des vautours planent aussi dans le ciel, et dans les rues il y a partout chèvres (parfois embarquées à califourchon sur les mobylettes), ânes, poules et autres volailles.
Cet après-midi, nous avons eu notre premier contact avec Jean Koulidiati, (président de l'IGEDD) qui nous a accueilli comme des rois avec champagne et autres bières locales ! Nous avons ainsi visité nos futures salles de travail ! Tout notre projet se présente sous le meilleur jour possible mis à part le fait qu'un container se trouve encore à la douane mais cela n'est qu'une question de jours !
Ce soir nous allons finir notre installation et profiter pleinement d'un repos bien mérité !
Toute l'équipe d'Afric'Edu vous souhaite une bonne soirée et vous remercie pour tout le soutient que vous nous avez apporté tout au long de l'année !
Bonjour à tous,
Voici la suite de nos aventures!
Vendredi 08/07 : repas de midi dans le maquis "La ligaze" : au menu, asticots à la sauce tomate!! comment couper la faim à une équipe française (Arnaud a commencé son régime!!). notre première tempête de sable : on etait tranquillement en train de discuter dehors quand un grand nuage de sable rouge nous est tombé dessus : rafales de vent en pagaille, puis la pluie (salvatrice pour nous autres européens!!). Le soir, on a participé a une petite fête organisée par les étudiants pour cloturer l'année. Etaient présents : élèves (anciens et actuels), professeurs et direction. Après quelques discours, le service a commencé : Anne et Clémence se sont fait prier de bien vouloir aider les etudiantEs à servir les hommes... quelle bande de matchos : on voit bien que les mentalités n'ont pas évolué comme chez nous!! au menu du repas : brochettes épicées et boulettes de viandes, poulet grillé, cacahuètes et beignets. On a fait le tour de la table pour se présenter un par un aux professeurs et aux anciens. Nous voulions aller faire un tour à un concert de musique traditionnelle, mais les étudiants nous ont demandé de rester pour ne pas contrarier l'assemblée... Pour rentrer, les étudiants nous ont pris en mobylette : manque de bol, les militaires procédaient à une rafle, suite au vol d'une mobylette (une aiguille dans une botte de foin ;) ). Donc on s'est fait arrêter avec contrôle de papiers pour les africains. On a pu voir l'omniprésence et la force de l'armée ici (aucun moyen de négociation devant leur air supérieur). Pendant ce temps, la mobylette d'Arnaud a crevée, et François a fait un périple à fond la caisse dans les pistes sombres pour éviter les flics et l'amende due à l'absence de feu arrière.
Ici, les gens se lèvent avec le soleil (entre 5h et 6h du mat'), font la sieste de 12h a 15h (c'est le début de la soirée) et se couchent très tard (on comprend mieux pourquoi les gens vivent au ralenti la journée!).
Samedi 09/07 : réveil a 8h30 pour une petite douche qui s'est soldée par un semi échec pour Eric qui a attendu l'eau 1/4 d'heure avant de pouvoir se rincer! On a decidé de prendre tous les jours notre petit dej' a la cafet' de l'IDS : pain, beurre, lait concentré, chocolat en poudre, thé et café tous les matins! Bain de foule dans le grand marché : à peine arrivés sur le parking, on a été sollicité pour nous guider. C'est dur d'être blanc ici! Les étudiants nous ont appri à négocier les prix, mais nous ne sommes pas toujours arrivés a nos fins: Anne a essuyé 2 échecs pour ses chaussures apres deux tours du marché (ils l'ont prise pour un blanche ;) ). Heureusement, Martin et Jérémie ont acheté un pagne pour se faire une chemise et un patalon, Eric a négocié deux ceintures. Après-midi lessive pour Anne, Clémence et Julien: on a commencé à 15h, petite coupure d'eau de 2h (bien entendu quand les vêtements étaient plein de lessive...!). le mot d'ordre de la journée : patience! Petit tour au cyber pour Anne et Julien : malheureusement, Julien n'a toujours pas réussi à voir ses mails! Anne et Clémence sont allées se promener seules dans notre quartier : on se sent vraiment en securité, on ne subi aucune sollicitation de nos voisins à part les signes de la main et les "Nassala Nassala" (blanc en Mooré, dialecte du Burkina) des enfants. Pour la soirée, on est allé avec Mathieu et Marlène au "Verdoyant", resto français rempli de blancs (mais où se cachent-ils toute la journée???). On s'entasse à 6 (plus un autre client et le chauffeur) dans un taxi croulant (ici les voitures ont une deuxième vie : jauge d'essence toujours à 0, compteurs HS). Quel plaisir de manger une pizza ici! Mais la note etait plus élevée que toutes les dépenses depuis qu'on est ici! De retour a l'IDS, Martin, Anne et Clémence ont participé à une fête catholique (chants et danse, on a même essayé!), pendant que Francois, Eric et Julien sont allés se frotter aux Africaines en dansant le "couper-décaler", la danse d'ici. Nous n'avions jamais vu la Ligaze bondée comme cela! Après quelques instants d'hésitation, la bière "flag" ou "castel" 66cl à 650 FCFA (soit 1euro) aidant, nous avons commencé à danser sous les regards amusés de l'ensemble du bar! Arnaud, quant à lui, sous l'oeil vigilant de Jérémie, tentait de digérer (dans sa chambre) tant bien que mal sa pizza "Gourmande". Il a attendu notre retour pour la vomir par dessus la rambarde du premier étage devant notre regard moqueur : le bruit a même fait sortir de leurs chambres les Africaines de l'étage qui ont aussi regardé le spectacle, le sourire aux lèvres... Belle démonstration de la fragilité du français en Afrique!! On a moins rigolé quand il a fallu camoufler son reste de pizza...;)
Dimanche 10/07 : grass' mat' bien méritée pour les danseurs, écourtée pour certains par la pluie diluvienne qui est tombée pendant 2h. Brunch à la cafet' et départ pour l'hôtel "l'Indépendance" (3 étoiles!!) où la piscine nous attendait sous les palmiers pour la modique somme de 2000 FCFA par personne... On aurait presque pu se croire en France, à part les matelas qui sentaient le moisi (peut-être des puces!!). Nous avons partagé une bonne glace avec Baptiste et Emilie qui sont en stage à Ouaga. C'était notre après-midi touriste! Pour dîner, on tente une excursion (K-Way et lampe torche) sous la pluie torrentielle au maquis en face de l'IDS. Le patron a essayé de nous rouler (on est blancs..), nous avons mangé des pâtes en sauce succulentes (on ferait pas mieux en France!). Le chef nous dit qu'il était cuisinier à l'aéroport d'Abidjan auparavant... on reviendra surement!!
Demain lever à 7h pour attaquer le boulot à l'IGEDD!...
Suite de nos aventures à Ouagadougou :
Lundi 11 juillet :
On commence enfin à travailler à l'université.... mais sans ordinateurs! Le container est bloqué à la douane car il manque la liste de colisage. Elle doit arriver mercredi... on prépare nos diverses formations : François et Eric présentent l'ordinateur ; Clémence et Jérémie expliquent les bases de Linux ; Martin et Anne forment à Openoffice ; Arnaud et François sensibilisent à Internet et à la sécurité informatique enfin Julien aura la (lourde) tâche de présenter les réseaux. La salle mise à notre disposition est aussi nettoyée et rangée...... une odeur y plane encore : c'est un ancien laboratoire de pesticides ! Les ventilateurs vont tourner à plein ! Repas du midi : restaurant de spécialités sénégalaises........ primé en décembre 2004 pour l'hygiène. Mais les notions de propretés sont décidément bien différentes des notres : nous avons mangé (du riz encore et toujours) assis sur des bancs dans un hangar. Par contre surprise du jour, la caissière de ce resto portait fièrement le maillot de son équipe préférée : le RC Strasbourg !!!! pour le plus grand bonheur d'Eric (l'alsacien du groupe). La galère du jour : le retour à l'IDS (où on loge) : Anne et Martin voyagent dans un bus bondé : ils sont à la porte heureusement ouverte (attention les odeurs !). Le bus surchargé slalome entre voitures et mobylettes à 80km/h, klaxonnant pour bien montrer qu'il est le plus fort. Les 6 autres connaissent des fortunes diverses : 4 d'entre eux prennent le taxi car ils ne peuvent pas monter dans le bus "overcrowded". Enfin Eric et Arnaud se font enfermer dans un bus dont le chauffeur d'une politesse à toute épreuve ne laisse pas les gens descendre à chaque arrêt, provoquant insultes et cris. Bilan de la journée : les premières diarrhées arrivent.......
Mardi 12 juillet (7 ans après la victoire en coupe du monde...)
Les formations prennent forme. Mais le fait du jour est le premier repas avec notre cuisinier : des spaghettis sauce tomate accompagnées d'une boulette de viande sont délicieuses et Arnaud retrouve l'appetit depuis ses mésaventures de la pizza gourmande. Eric a su négocier le prix (750 FCFA par personne avec boisson). Julien revit avec son ordinateur... le doux contact de la souris et du clavier commençait à lui manquer. On découvre TV5 afrique avec la retransmission en direct le tour de France. La psychose nous gagne le soir lorsque l'on apprend que Marlène (qui loge avec nous à l'IDS) a passé la nuit à l'hôpital à cause du palu. Elle prenait pourtant les même précautions que nous. Le problème est que sa chambre est au rez de chaussée, proche de la laverie et du système d'évacuations des eaux usées : un milieu propice aux moustiques. Le soir, petit metting dans la chambre des filles où Adama (délégué et trésorier des étudiants de l'IGEDD) nous rejoint en nous offrant des bananes pour notre repas. Les ordinateurs devraient arriver demain....... (suspens)
Mercredi 13 juillet : La nuit est la plus chaude depuis notre arrivée... difficile de se reposer. Au programme de la journée : finir la préparation des formations. Réunion avec M. Koulidiati au sujet du container et aussi de la disposition des ordinateurs dans les salles. Les PC seront disponibles demain. Il se pose quelques questions sur les abréviations employées dans la liste de colisage : Que veut dire "PQ" ? Connaissant les coutumes locales "de la main gauche" (!), nous avons préféré prendre nos précautions afin d'éviter tout problème. Les ordis ont donc été calés dans les cartons par du papier toilette... Le repas de midi est une déception lorsqu'on nous présente du poisson (loin de la mer, le poisson est rarement frais ou il est pêché dans des eaux plus que douteuses)..... qui sera rapidement remplacé par du foie de mouton, au plus grand plaisir de certains. Jérémie, n'ayant peur de rien tente quand même le poisson (avec succès apparament). On part de bonne heure pour aller au village artisanal : on découvre les objets produits dans le pays et on commence à discuter les prix avec les marchands. Ils sont bien sûr exorbitants. Ils nous ont pris pour des blancs ! Le ciel se charge de nuages et d'éclairs, ce qui provoque un retour rapide au bercail. Fausse alerte pourtant Bilan de la journée : toujours pas d'ordis !
Jeudi 14 juillet (Fête nationale)
La pluie nous surprends le matin, ce qui provoque un décalage de notre départ. On est obligé de faire un grand détour pour atteindre l'arrêt de bus. La route s'est tranformée en rivière ! On arrive à l'université trempés et boueux. Dès qu'il pleut, c'est tout de suite le parcours du combattant ! On comprends du même coup l'utilité des canaux, généralement vides, qui sillonent la ville. On cherche M. Koulidiati pour avoir des nouvelles des ordis mais en vain.... Ainsi la seule occupation de la matinée est la constition de notre planning de sortie avec les étudiants. On décolle de l'IGEDD à 15h (pour 5 d'entre nous) afin de bien se préparer pour la soirée. Arnaud, Julien et Eric, qui devaient finaliser leurs formations, partent 15 min plus tard....... puis attendent le bus 45 min !! On prends le taxi pour aller à la résidence de l'ambassadeur, qui accueille lui-même (accompagné de sa femme) tous les participants de la fête, le tout accompagné par la fanfare nationale. Révélation du jour : les receptions de l'ambassadeur sont connues pour le bon goût du maitre de maison, un bon goût qui sait charmer ses invités. On découvre que les africains ne savent pas servir l'apéritif : 2/3 de pastis pour 1/3 d'eau, des doses de martini doublées ou triplées! Après le discours de l'ambassadeur (sérieux donc ennuyeux), on se rue sur les petits fours en plaçant aux endroits stratégeek (les concernés comprendront). On s'en met plein la panse aux frais du contribuable (merci à tous!). L'extase est atteinte lorsqu'arrive le dessert : mini patisseries en tous genres. On se croirait presque à la garden party de l'Elysée. La réalité rattrape au galop Arnaud, Eric et Martin lorsqu'ils voient une femme mettre des tas de petits fours dans un sac plastique....(mais est-ce une spécifité africaine??) La soirée se poursuit sous un chapiteau où la musique nous rappelle nos meilleurs boums de 4ème. L'ambassadeur a vraiment bon goût mais on attends encore les Ferrero Rocher. Le groupe se sépare : certains rentrent alors que les plus motivés vont dans une boîte : le Music-Hall. Le retour est mouvementé pour Jérémie qui tombe dans un caniveau (dans le noir) : un bel hématome mais rien de cassé. La nuit devient un calvaire lorsqu'un orage d'une rare intensité se déclenche vers 5h du mat', le plus gros jamais rencontré par bon nombre d'entre nous. Seul François n'a rien entendu.....(bizarre bizarre) On espère se mettre au boulot demain (après avoir récupéré de la soirée).
Bonjour, Vous l'attendez tous, autant que Analyse Modale 4, voici la newsletter n°4 :D (les écamiens comprendront)
Vendredi 15 juillet : Reveil difficile ... Un orage violent a décidé de devancer notre réveil. On attend que ca se calme pour aller à l'université. Arrivés à l'université, une "bonne" nouvelle nous attend : les ordinateurs n'arriveront pas avant mercredi minimum, grâce à l'incompétence d'un transporteur français, qui a envoyé les mauvais papiers pour dédouaner.
Conséquence: formations décalées, et inactivité de l'équipe. En soirée, quatre d'entre nous sont allés acheter des pagnes dans le marché d'à côté.
Samedi 16 juillet : Aujourd'hui, nous disposons de la camionnette de l'IGEDD, ainsi que du chauffeur de Mr Koulidiati pour nous promener dans Ouagadougou.
Matinée artisanale. On commence par se rendre au centre artisanal, accompagné par Fernand et Habib, où on nous propose des statues, des djembés, et autres babiolles pour touristes. Julien retrouve un "compatriote", un artisan qui était venu dans son village faire des ateliers africains dans une école.
En sortant du centre, on se fait harceler par des "artistes" qui insistent lourdement pour qu'on aille voir leurs boutiques. On saute dans la camionnette pour fuire, et l'on se rend aux vitrines du bronze, afin de dénicher de bonnes affaires artisanales.
Après une bonne platée de pâtes, les étudiants nous emmenent dans une forêt naturelle située en périphérie de la ville. Entrée payante, et interdiction de prendre des photos ...
François en profite pour dénicher toutes les petites bêtes qu'il peut rencontrer. Des vautours volent en groupe au dessus de la forêt, attendant que l'on s'évanouisse sous la chaleur humide environnante, pour déchiqueter notre bonne chaire française...
Les inondations provoquées par les pluies nous barrent le chemin. En levant la tête, nous nous apercevons de la présence d'une colonie de chauve-souris qui est en train de dormir accrochée la tête en bas aux plus hautes branches des arbres. Retour à l'IDS en camionette, en chemin on peut apercevoir l'hotêl Sofitel de Ouaga (là où dort notre président lorsqu'il est de passage à Ouaga), ainsi que l'une des 4 retenues d'eau, qui sert à alimenter en eau potable la ville (bien polluée).
Le soir, Habib et Fernand nous emmenent dans un maquis, où l'on peut discuter et écouter de la musique autour d'une bonne bière locale (Brakina, So-B-Bra, ...)
Dimanche 17 juillet : Départ pour Bazoulé, un village au milieu de la brousse, où les habitants cohabitent avec des caïmans sacrés. Des étudiants nous accompagnent dans cette visite. Après une longue traversée de Ouagadougou (la polluée), nous pouvons enfin admirer (pour la première fois depuis notre arrivée) la campagne africaine. Le décor est vert, grâce aux bien-faits de la pluie, et rouge, couleur de la terre.
La route empruntée est goudronnée, il s'agit de la nationnale 1 qui relie la capitale à Bobo Dioulasso. A la sortie de la ville, un barrage/douane/péage, tenu par des militaires et des policiers, contrôle les véhiculent entrant et sortant de la ville. Nous croisons aussi sur notre route un panneau "contrôle de gendarmerie" ... effectivement, un gendarme était en train de faire la sieste sur une chaise sur le bas côté de la route, à côté d'une moto.
Puis nous tournons à droite, sur une piste en terre, en direction du village.
Arnaud remarque des panneaux de virages dangereux, alors que la route est droite ...
Entrée du village, prix à fournir: 1000FCFA pour les étrangers, 1000FCFA pour les poulets :)
Les fonds récoltés servent à financer l'école du village. Nous achetons 2 poulets, et commencont la visite accompagnés de deux guides du village. Nous débutons par l'enclos des tortues (voir photos). Puis descendons dans un marécage à la rencontre d'un vieux caïman aveugle (mais ca nous l'apprendrons qu'après...). Le guide nous invite à le chevaucher, et à le toucher. A notre grande surprise, il ne mangea personne (même pas une des filles). Après cette petite mise en bouche, nous approchons d'une autre bête qui faisait bronzette sur une petite plage au bord de la mare. Petit à petit, une dizaine de caïmans sont attirés sur la plage par les pioupious des poulets que tenaient les guides dans leurs mains. L'utilité du poulet est un sport sadique. Il consiste à faire une démonstration de violence animale, pour amuser les touristes... Un poulet est attaché à une ficelle au bout d'un baton, et est tendu au dessus d'un caïman. Celui ci observe, le poulet piaille, le poulet observe et dit : "ne me mange pas !!!", le caïman se lèche les babines, et se jette sur le poulet, alors que le guide relève le baton, et finalement le caïman n'arrache que quelques plumes au poulet. Le poulet n'étant pas mort d'une crise cardiaque, il continue à faire pioupiou, devant le caïman qui se sent roulé, et qui ne se fera pas avoir deux fois... Effectivement, il arrive finalement, en un coup magistral de machoire, à attraper le pauvre volatile. Les oreilles des filles se réjouissent des petits bruits d'os broyés, et des derniers pioupiou qui retentissent de la gueule du caïman. Un autre caïman ayant également faim, a trouvé Julien plutôt appétissant, et commenca à courir derrière lui. Mais finalement renonce, malgré le sprint de Julien (ca lui apprendra à imiter le poulet près des caïmans). Pour finir, étant donné qu'il nous restait un poulet, le guide trouva amusant de le jeter au milieu de la dizaine de caïman. Hélas, le poulet est malin, et partit en courant dans la direction opposée. Le poulet récupéré, la deuxième tentative lui fut fatale...
Après avoir fait la remarque du manque de singe dans le secteur, Eric grimpa dans un arbre. Puis Julien trouva un ane, et décida de broyer ses bijoux de famille sur son dos.
Fin de la visite, la boutique d'un artisan, où nous pouvons écouter les guides nous jouer des percussions.
Pour nous remettre de toutes ces émotions, la petite pause Brakina s'imposa, et nous nous retrouvons avachis dans des fauteuils à l'ombre sous un arbre ...
Puis vint l'heure du picnic ... François était allé faire les courses la veille dans un supermarché, et nous a rapporté des Pringles, du pâté, et ... un coulommier :) (quel régal pour nous francais). En rajoutant le saussisson que Julien avait mis dans sa valise, nous nous sommes fait plaisir !
Après une petite sieste, nous rentrons vers Ouaga la polluée ... En route, nous nous arrêtons dans une fabrique de briques, magnifique terrain de paintball, où nous regardons la brousse et la faune environnante.
Lundi 18 juillet : Toujours pas d'ordinateurs, pas de courant, pas d'internet ... journée blanche. Seul petit détail, Julien a décidé de rentrer un peu plus tard ... Ne le voyant pas arriver, nous nous inquiétons un peu, la nuit étant tombé depuis un petit moment...
Puis nous le voyons enfin arriver, accompagné d'un étudiant de l'IGEDD. Il était partit 30min après nous, mais il n'a pas pu prendre de bus, et les taxis refusaient de le prendre ! Finalement il a croisé l'étudiant, qui proposa de le ramener en moto. Malheureusement, la moto a crevé ! Temps du trajet : 2heures !
Autre petit fait marquant, Anne, Clémence et Eric ont décidé de retourner aux vitrines du bronze en fin de journée, à pieds à partir de l'université. Ils se sont fait harceler par les gens sur tout le trajet... Pour être tranquille ici, il ne faut pas être blanc, ni se promener dans les quartiers "touristiques". Malgré tout, Eric en a profité pour faire des affaires avec les artisants !
A bientôt !
Anne, Clémence, Martin, Arnaud, Eric, Julien, François, et Jérémie
Bonjour à tous!
Voici la suite de nos aventures au Burkina.
Mardi 19/07/05 :
Le container n'étant toujours pas à notre disposition, nous essayons de nous occuper comme nous pouvons : certains continuent à approfondir leurs formations faisables sans les ordinateurs (François et Eric en particulier avec "Architecture/Montage d'un ordinateur" qui se fait avec du vieux matériel récupéré sur place). Martin et Clémence sont partis en quête de draps au marché, ce qui leur a vallu de beaux coups de soleil!
Le moral de l'équipe étant au plus bas, nous avons décidé de nous accorder un après-midi piscine à l'hôtel "Ricardo", sauf Julien qui devait finir de préparer sa formation. Après avoir fait les sardines dans le taxi (2 devant+chauffeur et 5 derriere), nous avons fait les poissons dans l'eau dans un hôtel très chaleureux ;) Le retour fut épique : nous avons marché plus de 30 minutes au bord de la route avant de trouver enfin un taxi. Cette promenade nous a offert le paysage plutôt déplaisant de la pollution typique de Ouaga : les berges de l'étendue d'eau du barrage (qui après une filtration deviendrait être potable...) sont une poubelle géante où se cotoient plastiques, bouteilles et chaussures et où les enfants pêchent de quoi dîner... Pour parfaire ce tableau, nous avons decouvert une des centrales thermiques de la ville, croulante et émettant un bruit assourdissant (comment tient elle encore debout???).
Mercredi 20/07/05 :
Aujourd'hui débutent les formations : François et Eric vont assurer le Thème 1 :"Architecture/Montage d'un ordinateur".
Huit étudiants étaient présents et ont suivi assiduement les explications de nos deux profs en herbe, à part peut-être un élève plus ou moins endormi (par la clim a il dit ;) sur un coin de table...!
Ce fut pour Francois et Eric une première expérience en temps que professeur très enrichissante! Quel sentiment de joie de voir que d'autre personnes sont
devant nous très intéressée, posent de nombreuses questions et ont leur visage qui s'illumine quand elles comprennent et arrivent à mettre en pratique!... Pour nous, cela représente en plus la satisfaction de voir que notre travail porte ses fruits (malgrès l'absence de nos ordinateurs pour le moment) et permet ainsi à d'autres étudiants de progresser dans leur connaissance de l'informatique!
Pour les autres, rangement d'une salle de formation, et préparation du voyage à Bobo, avancé à ce week-end pour cause de chômage technique. Nous partons donc à 11 (nous 8, Fernand :un étudiant qui habite à Bobo et qui fait ses études à Ouaga et Baptiste et Emilie, nos compatriotes) pour 4 jours. Au programme : visite de Bobo, cascades, marre aux hippopotames et autres beautés du paysage.
Le soir, nous sommes allés déguster avec recueillement des frites dans un maquis : un petit plaisir qui vient rompre la monotonie du riz/pâtes/couscous sauce!!
Jeudi 21/07/05 :
François et Eric devaient assurer leur formation, mais les étudiants étant arrivés avec une heure de retard, elle a été annulée de peur de ne pas pouvoir la terminer dans les temps. Vive les horaires africains!! Ces étudiants s'ajouteront donc aux autres prévus pour la même formation de la semaine prochaine (afin de former un bonne équipe). Eric et Francois en ont donc profité pour modifer quelques éléments de leur formation afin de l'améliorer encore en fonction de leur expérience de la veille.
Derniers préparatifs pour le voyage de demain : ce voyage va faire du bien au moral des troupes car notre inactivité nous pèse.
De plus, nous avons su cet après midi que le papier que la douane attend pour ouvrir le container n'est toujours pas arrivé au Grand Lyon : moment de désespoir car nous ne pourrons pas récupérer notre matériel avant une semaine. C'est un coup dur!
Seule (très) bonne nouvelle de la journée : une salle équipée avec Linux nous est prêtée par l'université, ce qui nous permetterait de faire quand même un minimum de formations en attendant le container. Mardi prochain, nous allons donc continuer la formation thème 1 et commencer les autres.
Merci de vos mails et de votre soutien. L'équipe d'Afric'Edu
Newsletter n°6 : Week-end à Bobo-Dioulasso et Banfora
Vendredi 22 juillet Le départ est fixé vendredi matin à 8h. L'equipée folle est composée de Baptiste et Amélie, de Fernand (élève de l'IGEDD) et bien sûr de toute l'équipe. On prend place dans un bus prévu pour 17 africains dans lequel 13 européens seraient serrés commes des sardines! Le départ est étonnemment à l'heure. Rien de special jusqu'à Bobo hormis quelques arrêts inopportuns du chauffeur..... achat de karités, mangues et autres ou arrêt prière. A chaque entrée ou sortie de ville, on se fait arrêter par la douane, la police et la gendarmerie (successivement)..... Arrivés sur place après 340 km de car à fond la caisse sur des routes goudronnées en moyen état, on découvre la "place de la femme" avec une magnifique statue de femme .... en train de balayer, ce qui ne manqua pas de ravir les filles. On découvre une autre vision de la femme .... ce qui ne déplait pas à tout le monde :D. On trouve rapidement l'hôtel qui va nous accueillir : le "royal hotel". On découvre des chambres moyennement propres agrémentées d'une agréable odeur de moisi. Lors de la reservation, il était clair qu'on pouvait négocier les prix..... mais comme d'habitude la réalité est différente : prix fixes et mauvaise foi sont encore de rigueur. En essayant de négocier, notre regard a été attiré par une fresque d'une femme aguichante disant à un vieillard (donc de 50 ans pour le pays) :"J'aime ça mais tu es vieux". L'autre répond : "Je suis vieux mais mon argent, lui, est jeune". Etrange ....... On distingue aussi une publicité pour la marque "Prudence" dont nous tairons le produit associé. On fait alors un tour dans Bobo en faisant confiance au chauffeur .... qui nous amène directement dans un centre de contrôle technique sans même nous prévenir. Il commence déjà à nous faire %*!?$. Après cette escale, on se rend à la gare et la grande mosquée. Bobo est tout de même plus agréable que Ouaga car la végétation est plus abondante et les gens moins entassés que dans la capitale. On va ensuite se restaurer au "Bleu magique" ("le maquis des branchés") pour déguster une assiette de frites qui nous fait saliver depuis l'après-midi. Résultats des courses : 10 assiettes commandées, 3 servies après 1h15 d'attente et 5 autres après plus de 2h. Petite précision : les 5 dernières ne sont pas cuites...... Après un petit coup de gueule d'Arnaud, le prix est decendu de plus de la moitié. On rentre frustré à l'hotel. Nos craintes sont alors vérifiées par des "va-et-vient" incessants durant la nuit et aussi des lits grinçants. Anne en a même mal digéré sa mangue.
Samedi 23 juillet Confirmation le lendemain matin avec un petit tas de preservatifs "Prudence" au milieu de l'allée. C'etait donc bien un hôtel de passe. Le prix était donc négociable...... en ne passant pas toute la nuit dans la chambre! On repart entiers pour Banfora et sa verdure. On retrouve le chauffeur (ayant dormi dans le bus après avoir fait 20km) qui roule à 60km/h sur une route digne d'une autoroute (c'est à dire sans trop de trous :D). Après son réveil à mi-chemin, il se met à rouler à une vitesse folle. La route est magnifique car entourée d'arbres en tout genre : baobabs, manguiers, papayers (malheureusement, on avait oublié de prendre nos foufourches ;-) ), cannes à sucre ... Banfora est une bourgade charmante, pleine de verdure et de gens qui ne nous accostent pas, ce qui provoque en nous une vraie palingénésie. On va chercher le frère de Fernand qui travaille au trésor public local, et qui nous servira de guide pour les 2 jours. Pour nous restaurer, il nous conseille "le calypso", restau tenu par un français... la qualité est au rendez-vous. Arnaud revit même un instant lorsqu'il entend "London Calling" des Clash. Ensuite, direction les cascades de Banfora : vue magnifique sur la vallée et nature luxuriante. La chaleur nous incite à piquer une tête dans les baignoires naturelles creusées par l'érosion. Nouveau numéro du chauffeur : ne sachant pas nager il "plonge" dans la plus profonde en réalisant de magnifiques plats. Jérémie est obligé de faire le maître nageur. Le chauffeur tente aussi une cabriole en descendant les marches nous permettant de retourner au bus.... On se rend aussi au Dômes de Banfora, dômes de pierres naturels formés par des courants d'eau. On a une vue magnifique sur les champs de cannes à sucre (les seuls du Burkina). Direction le lac de Tengrela, connu pour sa colonie d'hippopotames. On se fait arrêter en chemin par un policier qui demande à verifier nos passeports..... c'est bizarre d'être un étranger. Arrivés à bon port, on fait un tour en pirogue : Julien et Francois sont obligés d'écoper pour eviter de tourner Titanic 2. On remarque les pachydermes en train de prendre un bain.... dont un petit avec sa mère. On ne s'approche pas trop afin de nous epargner de leur courroux. En effet ils sont connus pour leur caractère irritable. Le soir venu, on dort dans un campement (pas de passe) qui nous réserve une nuit dans une case, des toilettes réduites à un trou pestilentiel et une douche au seau. Ce fût une bonne expérience car on a dormi au calme, sans trop d'insectes. Pendant que certains jouaient au tarot, Julien et Martin nous faisaient decouvrir leurs talents au balafon.
Dimanche 24 juillet Première constatation : le chauffeur a roulé 60km pendant la nuit et nous fait tous patienter..... On va voir les pics de Sindou, village distant de 40km effectués en 2h !!! La piste est très mauvaise, ce qui nous permet de verifier la solidité de nos estomacs, sauf pour Amelie qui en profite pour faire une sieste. Les pics de Sindou ressemblent fortement aux dômes de Banfora, mais en un peu plus pointus. Nous sommes accompagnés par un guide très intéressant qui vit à Sindou et qui nous explique les traditions de son village et de sa tribu Sénofo. On retourne ensuite avec joie dans le bus pour rejoindre Banfora et son marché : profusion d'épices, prix plus bas et surtout personne qui vous tient la jambe!! Nouvelle blague du chauffeur : on reste 45 min au marché (à 10m d'une cabine) et il veut tout de même s'arrêter après le depart pour telephoner! Martin sait pourtant trouver les arguments pour le faire revenir à la raison. On décide de tester un autre campement : le "Baobab". Les cases sont mieux décorées mais l'absence d'éléctricité est génante. De plus, les lampes à pétrole semblent attirer tous les insectes de la région... L'absence de lumière nous permet d'observer une superbe nuit étoilée (incomparable même avec la plus sombre nuit en pleine campagne française). Nous remarquons de plus la grande ours qui se situe ici à raz l'horizon! Notre sommeil est cependant perturbé par la profusion de moustiques... qui, par magie, passent à travers la moustiquaire.
Lundi 25 juillet Nous sommes tous surpris par une forte pluie lors de notre départ du campement. Le chauffeur est un peu plus prudent que d'habitude.... s'est-il fait peur lors des 30 km parcourus pendant la nuit? Petite halte de 15 min à l'entrée de Bobo lors d'un contrôle de police, qui nous permet de subir notre second contrôle de papiers du week-end. Le policier est sympa et on peut plaisanter avec lui. Un dilemne vient se poser : quelle quantité de gasoil doit-on mettre pour arriver à sec à Ouaga? On décide de voir en chemin, ce qui provoque un léger stress chez certains membres et notamment chez Julien, qui ne tient plus en place. Le chauffeur nous donne son avis..... sans doute veut-il faire quelques kilomètres de plus en rentrant.... Il commence à utliser certains arguments dignes de sa grandeur d'esprit, ce qui provoque un petit affrontement verbal avec Arnaud. On arrive enfin sans encombre à l'IDS. C'est avec une joie non dissimulée que l'on quitte le chauffeur. Pour finir la journée, Arnaud, Eric, Jérémie et Martin vont chercher leurs pantalons ou chemises chez le tailleur . Désormais on dirait de vrais touristes en Afrique !!!!
Mardi 26 juillet Nous constatons que nous avons le soutien de nombreuses personnes afin d'obtenir les ordinateurs. Les choses ont évolué durant notre week end. Nous avons reçu un mail ce matin de la part du Grand Lyon nous indiquant que le document manquant avait été trouvé et qu'il allait parvenir à notre contact demain. Il sera transmis immédiatement à Ouaga par Chronopost. Nous aurions donc les ordinateurs en fin de semaine ou lundi. Nous vous remercions pour votre mobilisation.
A bientôt pour la suite de nos aventures.
Formation thème 1: François & Eric
Le but de cette formation était de comprendre le fonctionnement d'un ordinateur et l'architecture générale d'une unité centrale (Bios, processeur, chipset,...). Cette formation se déroulait sur une journée avec une partie théorique d'environ 2h30. Ensuite , pour mettre en pratique le cours, nous leur faisions démonter une unité centrale, afin de reconnaitre les différents composants (carte mère, processeur, cartes d'extension, etc...) puis remonter à l'identique l'unité centrale. Et enfin, de mettre en route l'ordinateur pour vérifier d'une part si le montage avait bien été fait et d'autre part pour avoir un apperçu du bios et du démarrage du système d'exploitation.
Nos impressions sur cette formation: En ce qui concerne la partie théorique, nous avons constaté qu'au début de la formation, les étudiants étaient assidus, ils suivaient avec attention notre formation. Mais au bout d'un certains temps (environ 1h), ils commencaient à avoir du mal à rester concentrés. Certains s'endormaient même devant nous, ce qui nous amusait... En fait, ils commençaient toujours par s'avachir sur leur siège, clignaient des paupières, et c'était le trou noir... Mais il faut aussi préciser que le cours théorique était assez poussé pour des personnes de niveau très variable. Donc il est assez difficile pour des étudiants, qui n'ont jamais touché un ordinateur de leur vie, d'assimiler toutes les connaissances que nous leur dispensions alors que certains venaient de DEA et posaient des questions.
Sinon, en ce qui concerne la partie pratique, cette dernière se passait toujours bien. C'est à ce moment que nous constations qu'ils avaient retenu une bonne partie de la formation théorique. En plus, ce moment était toujours convivial, il y avait un réel échange des deux cotés.
Pour conclure, nous sommes réellement satisfaits d'avoir effectué cette formation, pour l'intérêt qu'elle a suscité chez les étudiants et les connaissances que nous avons pu leur apporter.Cela a de plus permis à beaucoup de s'interesser à l'informatique et nombreux nous on dit qu'ils comptaient approfondir cela par d'autres moyens.
Formation thème 2 : Jérémie
Etant donné que les salles que nous installons auront comme système d'exploitation MandrakeLinux (nouvellement Mandriva), une petite formation Linux des étudiants s'imposait. Le but de cette formation était de comprendre le fonctionnement de Linux, et de pouvoir se débrouiller avec les commandes de bases, et d'avoir des notions d'administration. Cette formation se déroule sur deux jours, et était ouverte seulement aux gens ayant déjà touché un ordinateur (pour ne pas passer une demi journée à expliquer le fonctionnement de la souris). Peu d'étudiants étaient intéressés par cette formation, donc on a pu former des petits groupes conviviaux, afin d'apprendre dans la joie et la bonne humeur ! Malgré la masse d'information apportée pendant cette session, les étudiants restaient attentifs et curieux (de vrais élèves comme on en trouve pas en France ;) ). Pour les initiés, le plan du cours est : I. Généralités sur Linux (historique, architecture, ...) II. L'interface graphique et les consoles III. Navigation dans les dossiers, création et suppression de répertoires IV. Visualisation et modification de fichiers textes V. Copie, déplacement, et suppression de fichiers VI. Montage des périphérique & fstab VII. Gestion des utilisateurs et des groupes VIII. Gestion des permissions des fichiers et des répertoires IX. Gestion des processus X. Connection distante par ssh XI. Installation de Linux
Je n'ai pas la prétention de penser que tout le monde a tout retenu, mais ils possèdent désormais une base Linux, et sauront s'adapter par la suite avec un minimum de documentation. Je laisse sur un serveur de l'université des pages internet reprenant l'ensemble de la formation, avec des exemples.
A la fin de la session, les étudiants ont réaffirmé leur intérêt pour Linux et leur envie d'aller plus loin !
De plus, j'en ai profité pour convertir Moussa, et suis en train d'installer Linux sur son PC personnel ... :-)
Formation thème 3: Martin & Anne
Cette formation a pour objectif d'apprendre les bases du traitement de texte (OOWritter) , du tableur(OOcalcl) et de Impress (équivalent Power Point). Nous avions preparé un Tp par logiciel. Notre premiere surprise a été de decouvrir que les étudiants n'avaient, pour la majorité, jamais touché un ordinateur. Il a donc fallu revoir à la baisse nos objectifs. Cependant, même si la formation prend plus de temps que prevu, les éleves ont l'air content de pouvoir decouvrir des logiciels de bureautique. Tout c'est bien passé également pour les formateus, mais patience a été notre mot d'ordre pour cette semaine enrichissante.
Fomation thème 4 : Internet : François et Arnaud
Cette formation se décompose en trois parties :
- présentation générale d'internet,
- la sécurité informatique,
- Pratique d'internet et des messageries.
La première formation se passe admirablement : élèves attentifs (pour la plupart) malgré les ordinateurs déjà allumés. Le timing est respecté jusqu'à la partie pratique. Alors que ceux ayant déjà pratiqué foncent vers leur courrier ou autres sites thématiques, les débutants sont toalement déboussolés. Le calvaire est réel lorsque nous leur demandons de créer leur adresse mail sur le site yahoo.fr. La sanction est immédiate : plus de 2h pour créer 5 adresses mail. Nous devrons donc revoir le planning de notre soirée désormais bien avancée et aussi supprimer quelques sujets un peu complexes afin de finir dans les temps. Feront frais de ce retard la notion de FTP et la présentation des messageries instantanées et des messageries en général. La seconde formation est plus houleuse. Les mêmes élèves reviennent juste pour naviguer sur le net et 5 min après le début de la formation, juste 2 personnes écoutent (on se serait cru en cours d'autom :-) ). Des dispositions sont alors immédiatement prises : cours bâclé et réponses plutôt "abruptes" aux questions posées. Les ordinateurs seront sans doute eteints lors de la prochaine formation... à moins qu'une pluie salvatrice ne vienne couper internet..... Comme quoi les élèves inattentifs ne sont pas que français...
Les élèves nous font part de leur remarques : parties théoriques un peu lourdes.... sans doute notre vision de la formation et la leur sont quelque peu différentes. Certains ont du se croire dans un cyber-café...
Jeudi 28 juillet
En début d'après midi, nous avons eu la visite de deux personnes de MAE, un de nos sponsors financiers. Nous leur avons fait part des actions que nous avions menées jusqu'à maintenant, de nos déboires pour le conteneur et nous leur avons fait visiter la future salle libre service. Elles sont également allées faire un tour aux formations. Elles paraissaient plutôt satisfaites de notre travail.
Le soir, nous sommes allés dîner avec Baptiste et Amélie au "Cyber frites", un fast food un peu gras où nous avons "dégusté" des hamburgers frites : ça change du riz sauce!! Mais nos estomacs (pas tous), habitués à manger moins gras ont eu du mal à digérer!! Ensuite, soirée photo de Bobo chez Baptiste et Amélie qui habitent un appartement plutôt bien pour le Burkina.
Vendredi 29 juillet
Aujourd'hui, les papiers de connaissement du conteneur sont enfin arrivés à la douane. La procédure de dédouanement peut donc commencer. On espère avoir les ordis mercredi ou jeudi prochain...
Après les formations, nous avons organisé un débats avec les étudiants africains. Les thèmes proposés étaient : mode de vie en France/Burkina, vie étudiante en France/Burkina, relations hommes/femmes, place de la femme en Afrique.
Nous avons commencé à débattre sur la vie étudiante, mais rapidement le débat a dévié sur les relations hommes/femmes. Nous avons regretté qu'il n'y ai pas d'étudiantES pour nous donner leur point de vue. Tous les Burkinabés étaient d'accord : la femme est inférieure à l'homme!!! Ce qui n'a pas manqué de faire réagir Anne et Clémence qui ne partageaient pas tellement cette opinion!
A travers cette discution, nous nous rendons compte des grosses différences entre nos deux cultures : la polygamie (pour les hommes bien entendu!), le "droit" de battre sa femme si elle s'est mal comportée, l'inexistence de marque d'affection dans un couple en public, l'amour existe-t-il vraiment ici? Jusqu'à présent, les familles se mettaient d'accord pour marier leur enfants, ce qui unissait les familles par un lien très fort et qui engageait leur honneur. Il n'y avait donc pas de refus possible pour les enfants car ce serait le déshonneur pour leur famille. Ce qui n'est pas sans rappeler nos coutumes d'il y a un siècle!!
Cependant, on note une évolution des moeurs : les étudiants ne veulent pas que leur famille leur impose une femme, certains refusent la polygamie, et ils espèrent aimer la femme qu'ils choisiront (mais l'homme reste quand même supérieur...).
Samedi 30 juillet
Journée shopping : razzia au village artisanal et chez les Maliens. Après une courte grass'mat, nous avons pillé le village artisanal, tel un essaim de criquets pélerins. Nous avons rempli nos sacs de souvenirs de toute sorte (objets en cuir des Touaregs, bijoux des Nigériens, statues de bois, djembés et bibelots en fils de fer des Burkinabés). Déjeuner de pâtes à notre maquis fétiche, le 5/5.
Vers trois heures, nous nous sommes rendus chez les Maliens : ce sont des artistes du batik, tissu peint de façon artisanale représentant des scènes de la vie quotidienne en Afrique. Résultat des courses : tout le monde est reparti avec au moins un batik, et beaucoup pour certains. Retour au "Cyber frites" avec Mathieu et Marlène pour se "ré-européaniser" un peu : même menu, même sanction pour l'estomac (enfin pour certains estomacs)!! Arnaud, Jérémie, Eric, François et Mathieu sont restés en ville pour aller boire un coup dans un maquis.
Dimanche 31 juillet
Martin, Julien, Anne, Eric et Clémence se sont levés plus tôt que les autres pour aller faire un tour de Ouaga en camionette. On est allé à "Ouaga 2000", le nouveau quartier asceptisé : les maisons et jardins magnifiques des ambassadeurs et autres organisations internationales, les prochains bâtiments des administrations et même une mini tour eiffel sur une avenue large comme les Champs Elysées! On a continué par la visite de la cathédrale de Ouaga : c'est un édifice de type européen, rien à voir avec le style d'ici. Elle a été construite par un évêque français dans les années 30, mais elle n'a jamais été achevée. Julien s'est fait interpelé par des pseudo gardes qui voulaient le faire payer (cher!) pour la photo qu'il venait de prendre... après moultes négociations, il les a envoyé paître (pour rester poli!).
Après-midi piscine pour les garçons ainsi que Mathieu et Marlène, détente en ville pour Anne et Clémence. La piscine équipée d'un plongeoir était presque vide après leur départ... Les garçons auront le plaisir de découvrir (ou redécouvrir) le fait d'être un homme blanc au milieu de la population noire. En effet, une jeune demoiselle a fait valloir ses meilleurs atouts afin de perturber le flegme "britannique" de nos neo-africains. La pauvre n'a pas du se rendre compte que son maillot de bain ne résistait pas à ses plongeons à répétition. Deuxième épisode caniveau pour le groupe : Julien a trouvé le moyen de tomber dans un caniveau (dans un endroit éclairé) lors d'un grand moment d'inattention (il devait penser à son ordinateur...).
Voila pour nos aventures de cette semaine.
Les impressions de Julien et Clémence sur leurs formations de cette semaine :
Formation 3 : open office, impressions de Clémence
Au départ, je devais assurer la formation sur Linux avec Jérémie. Mais le nombre de participants se limitant à 5, Jérémie pouvait dispenser cette formation seul. Je suis donc aller prêter main forte à Anne et Martin pour les 3 jours de formation d'Open office. C'est intéressant de se trouver de l'autre côté d'une formation, c'est-à-dire en formateur, mais il faut de la patience! Les élèves sont en général très motivés et avides d'apprendre, mais il faut leur répéter plusieurs fois la même chose pour qu'ils l'intègrent. On a une certaine satisfaction en fin de formation quand certains valident l'évaluation : on se sent utile à quelque chose, on est arrivé à leur transmettre un peu de notre savoir. Ca a donc été une expérience très positive pour ma part.
Formation 5 : initiation aux réseaux informatiques, par Julien
Je devais assurer cette formation sur deux jours complets, et la première journée fut consacrée à l'étude théorique ; je tiens à signaler à Christophe Mathieu que son cours, même épuré et simplifié, est bien assez dense pour des étudiants néophytes ! Les impressions étaient mitigées, je soupçonne un grand nombre d'étudiants d'avoir entendu qu'un mot sur deux... Le lendemain, programme radicalement différent : travaux pratiques ! Pour les connaisseurs : 4 machines, 4 adresses IP, quel masque choisir pour avoir deux sous réseaux de deux machines chacun... Au bout de 4 heures, la plupart des étudiants étaient content d'avoir pu résoudre le problème ! Bilan de l'expérience : favorisons la pratique face à la théorie...
Lundi 1 août :
Pour fêter l'anniversaire de Marlène, nous sommes allé dîner dans un restaurant français : les Bougainvilliers. Nous sommes chaleureusement accueillis par le maître de maison, un Français résidant au Burkina depuis 7 ans. On se serait cru de retour en France : les filles servies en premier, des "s'il vous plait" "merci" à tout va, et même du papier toilette aux WC!! Pour nous ouvrir l'appétit, un apéro de pizza et de kirs ou jus de mangue maison. Par la suite, tout le monde s'est régalé avec son plat de viande (fondante) ou de poisson. Ce repas s'est soldé par une forêt noire en guise de gâteau d'anniversaire : Marlène a perdu son souffle devant les 22 bougies magiques! Nos estomac s'étant mis au rythme burkinabé (on mange moins et moins riche qu'en France), certains ont passé une bien mauvaise nuit! Pour finir la soirée, Mathieu, Marlène, Eric, Arnaud, Julien et François sont sortis dans un maquis. Les autres se sont couchés afin d'être en forme pour leur journée de formation du lendemain.
Mardi 2 août :
Première nouvelle du matin : nous avons reçu un mail nous informant que la procédure de débloquage du conteneur avait commencée, et que nous devrions avoir les ordis jeudi. En rentrant à l'IDS le soir, on apprend que Marlène s'est fait voler son téléphone portable pendant qu'elle faisait sa lessive. François et Mathieu sont partis à la recherche du voleur en mobylette : ils ont eu la peur de leur vie en constatant qu'il était armé... Marlène ira donc porter plainte au commissariat le lendemain. Les gardiens de l'IDS se sont fait remonter les bretelles : ils font vraiment rentrer n'importe qui, sous prétexte que les gens disent nous connaître (on est connu comme le loup blanc dans le quartier!), ils ont le droit d'entrer.
Mercredi 3 août :
Mauvaise nouvelle de la journée : Internet nous a laché..... On peut dire adieu à la formation Internet (seule la partie théorique a été dispensée le matin). Le problème ne semble pas être technique, il paraîtrait que l'université n'a pas anticipé le paiement au fournisseur pendant les vacances. On peut donc imaginer qu'on n'aura plus Internet jusqu'à notre départ!!
Nous nous réjouissions de manger à midi les légumes que nous avions commandés au cuisinier la veille . Manque de bol : au menu riz sauce!! Avec toute la bonne volonté du monde, ça reste franchement dégueulasse! Tout le monde a tiré la tête en retenant des hauts-le-coeur.... Cette fois c'est décidé, fini le riz : on en informe le cuisinier qu'il nous fasse tout sauf du riz!
Après le déjeuner, Julien et Anne sont allés au Centre Numérique de la Francophonie où ils ont rencontré un Français, Mathieu (encore un!), travaillant depuis deux ans à Ouaga. Il se trouve qu'il a administré un réseau qui a la même configuration que celui que nous allons installer à l'IGEDD. Il propose donc son aide à Julien. Nous profitons également de leur connexion (512 Ko!!!), qui leur coûte la bagatelle de 800 000 FCFA par mois (soit 1220 euros)!
Le soir, nous avons participé à une représentation de danses folkloriques africaines, prévue pour les filles de l'IDS. Le groupe se composait de 3 joueurs de djembés, 2 de balafons, un de "guitare africaine" et d'un danseur. Nous avons ainsi découvert les danses traditionnelles d'Afrique. Ses rythmes entraînants incitèrent l'assemblée à danser, les Blancs comme les Noirs.
Jeudi 4 août :
Ce matin, coup de fil de la mairie : ne voulant pas payer les frais de gardiennage des 75 jours où le conteneur est resté bloqué par la faute du transporteur français (à 75 000 FCFA par jour, on peut comprendre!!), une procédure d'exonération a été lancée, retardant la sortie du matériel... On a l'impression que la malchance nous poursuit!! On commence à fortement douter de voir les ordis arriver avant notre départ. Dans la matinée, alors que le moral des troupes est au plus bas, Adama Zerbo, employé à la mairie et correspondant de monsieur Voron du Grand Lyon, nous assure que nous aurons tout de même nos ordis mardi au plus tard : ça nous laisserait 2 jours pour tout installer!! Nous faisons alors un programme serré des actions à entreprendre avant de partir et celles à déléguer après notre départ. Monsieur Voron a de bonnes raisons de penser que le transporteur n'est pas vraiment convalescent, à part si l'on considère la prison comme un hôpital.... En effet, celui ci doit déjà 7500 euros à une autre entreprise française auxquels viennent s'ajouter les 2500 euros de ristourne que le Grand Lyon exige afin de payer les frais de gardiennage de la mairie de Ouaga.
La journée s'est terminée par un débat avec les étudiants (dont un seul de l'IGEDD...). Le sujet était "les logiciels libres", mais très vite les échanges ont dévié sur les droits d'accès à la salle libre service que nous allons installer pour l'IGEDD. La suite n'a été qu'un débat stérile, les futures personnes gérant la salle n'étant pas présentes. Nous avons cru comprendre qu'ils voulaient qu'on intercède auprès de Monsieur Koulidiati pour ouvrir la salle à tous les étudiants (chose qui ne nous regarde pas!). Nous avons pris conscience des problèmes rencontrés par les étudiants pour accéder aux salles informatiques de l'université de par la lourdeur hiérarchique.
A bientôt pour la fin de nos aventures...
Samedi 6 août :
Dernier week-end sur Ouagadougou. François voulait partir à Nazinga, une réserve naturelle située au Sud du Burkina Faso. Il part donc en compagnie de Baptiste et Amélie, deux compatriotes français en stage et leur chauffeur. Le samedi est consacré à la route jusqu'à Nazinga, puis le réveil est matinal pour observer toute sortes d'animaux : antilopes, serpents, éléphants et phacochères. Il en revient le lendemain les yeux pleins de souvenirs... Le reste de l'équipe décide de passer son samedi après-midi dans l'eau apaisante de la piscine de l'hôtel Ricardo, suivi par un dernier restaurant aux 'Bougainvilliers' incluant la baignade après le délicieux repas.
Dimanche 7 août :
Journée passive pour la majorité de l'équipe. On se repose en espérant se fatiguer lors de l'arrivée prochaine du conteneur.
Lundi 8 août :
Coup de téléphone de la mairie dès 9h, le conteneur sera ouvert ce après midi dans la cour de la mairie. Soulagement pour toute l'équipe, ce sont les meilleures nouvelles que nous avions eu depuis longtemps ! Nous en profitons pour peaufiner les derniers détails avant l'arrivée des ordis : trous dans les murs pour passer les câbles, pose des derniers prises électriques... Nouveau coup de téléphone après le déjeuner, vers 15h : la mairie nous annonce qu'un intermédiaire n'a pas été payé par le transporteur français, et que celui-ci fait bloquer le conteneur en douane tant qu'il ne sera pas payé. Coup de tonnerre dans l'équipe : le moral retombe au plus bas après l'euphorie du matin. Malheureusement, il nous faut rapidement préparer l'inauguration de la salle, échéance prévue de longue date. Les étudiants ayant suivi les formations ainsi que les officiels de l'université y sont conviés. La presse et la télévision burkinabè sont également invités à cette cérémonie. En présence du directeur adjoint de l'UFR/SEA, du directeur adjoint de l'IGEDD, du directeur adjoint de l'université, nous avons expliqué notre projet et les difficultés que nous avons rencontré. Ensuite, nous remettons aux étudiants des attestations correspondant aux formations suivies. La cérémonie se termine autour d'un verre, conformément aux traditions burkinabè ! Nous finissons notre journée en comité restreint, en compagnie des nos compatriotes habitants à l'IDS (Matthieu et Marlène) ainsi que d'un autre Matthieu, administrateur du centre numérique francophone (unité faisant partie de l'AUF - l'Agence Universitaire de la Francophonie). Cette personne pourra exercer un appui temporaire dans le cas de l'installation de la salle par le personnel de l'IGEDD.
Mardi 9 août :
Après les désillusions de la veille, l'équipe n'a plus aucun espoir de voir arriver le conteneur avant le départ, mercredi soir. De plus, le temps semble aussi être contre nous avec une pluie matinale nous bloquant jusqu'à 10h à l'IDS. On en profite pour régler les derniers détails avant notre départ. Le soir, averti de notre probable passage sur la RTB, la télévision officielle du Burkina Faso, on se pose devant une télévision pour le journal de 20h. Après quelques nouvelles assez positives, vient un reportage sur une association française venant apporter matériel et formations aux étudiants burkinabè ! Malgré la déception de ne pas voir nos ordinateurs, nous avons le plaisir de voir que notre passage ici ne sera pas passé inaperçu.
Mercredi 10 août :
Dernier jour sur la terre du soleil.... La matinée est consacré au rangement des chambres, et à la préparation des valises. Nos compatriotes français, Matthieu et Marlène, qui habitent le même bâtiment que nous sont découragés à l'idée de nous voir partir : il leur reste un mois de stage dans des conditions pas toujours faciles. Le stagiaire est très mal considéré, et la politesse n'est pas une habitude très courante. Ils ont appréciés pendant un mois notre présence au sein du bâtiment et notre départ va changer les habitudes prises ensembles. On en profite pour échanger nos adresses, et on prend également en charge quelques kilos de bagages : Air Algérie nous permet de transporter 40kg par personne, ce qui représente le double des compagnies traditionnelles ! En soirée, on se réunit tous autour de succulentes brochettes, servies dans notre maquis favoris, l'Afrique Soir. Les étudiants de l'IGEDD, les compatriotes, et toute l'équipe prennent leur dernier repas commun avant le départ pour l'aéroport. Toute la troupe embarque dans la camionnette (13 personnes + quelques centaines de kilos de bagages...) pour un court trajet sous la pluie, avant les adieux finaux et l'attente du décollage.
Jeudi 11 août :
Le vol en 737 décolle vers 00h15 direction Bamacco pour une escale, puis Alger où l'on attend pendant presque 3h la correspondance vers Lyon. Un 767 nous emmène alors, avec 30 minutes de retard vers notre destination finale. Là, le choc est brutal. Deux civilisations se rencontre en l'espace de deux jours, on a du mal à se rattacher à la réalité française. Tout paraît aseptisé, rangé, propre... Les retrouvailles avec la famille nous rappellent qu'on est enfin revenu sur l'autre monde.
A tout ceux qui nous ont soutenu, aidé, consolé pendant notre projet, nous tenons à leur dire MERCI. Je pense entre autre à Michel CLERC, notre premier contact en mai 2004, la mairie de Lyon, nos sponsors, les partenaires locaux et bien sûr nos lecteurs qui nous ont soutenu par des messages d'amitiés pendant ces 5 semaines...
Inch'Allah, bon vent à tous !
L'arrivée sur Ouaga était programmé pour 17h30 heure locale, mais une tempête de neige sur New York retarde notre vol de deux bonnes heures. Finalement, nous retrouvons la voiture de Pierre vers 19h30 heure locale, et après un petit tour à la BCIAB pour tirer quelques francs CFA, nous nous retrouvons Eric et moi à l'IDS comme cet été...
Habib avait prévu le coup en installant des bout de bois sur chacun de nos lits afin de poser les moustiquaires, mais comme j'ai peur la nuit, on a préferé installer nos deux lits dans la même chambre...
Après ces menues installations, une seule envie s'est dégagée : Afric'Soir !!!!
Direction notre maquis fétiche, juste à sortie de l'IDS, ou nous avons retrouvé le chef, surpris de nous revoir après 5 mois... La Brakina et la Sobbebra ont coulé à flot ce soir là, avec au moins 1 litre par personne... Manquant d'entrainement, j'ai du faire confiance à Eric pour finir la fin de ma Sobbebra. Un bon vieux saucisson lyonnais l'accomagnais.
Des sentiments bizarres nous ont envahis cette soirée. Etrange sensation de revenir sur le lieu de notre action de cet été. Sans toute l'équipe. Mais rien n'a changé pendant ces 5 mois. Les burkinabés autour de l'IDS sont toujours aussi sympatiques, les burkinabés autour de l'aéroport toujours autant en quète d'un euro... Le toit du batiment A de l'IDS (ou on a séjourné 5 semaine cet été) est toujours aussi agréable. Sensations étranges ce soir là.
Le lendemain, après une agréable nuit sous la couette, un petite douche froide vient nous réveiller (ou elle vient à nous, je ne m'en souviens plus trop...). Pierre vient nous chercher pour aller à l'Université. On est accompagné également par les onduleurs qui ont fait souffrir notre dos, et le matériel que nous avons ramené.
La matinée est consacré à l'état des lieux, au planning de notre semaine et au sertissage de la salle libre service. 20 ordinateurs ont été installé en salle libre service, 10 dans la salle de l'IGEDD réservé au étudiants, 10 doivent être installé pour l'UFR-SEA, et le reste a quelques problèmes techniques qu'il nous faudra résoudre.
La première salle a été entièrement équipé en réseau ce matin, les élèves de l'IGEDD sont devenus experts en sertissage RJ45 ! Les serveurs ont été mis en place, les switchs aussi. Il reste à connecter cette salle au réseau de l'université.
Demain, journée shopping pour Eric et moi, d'abord au village artisanal puis chez Kano, il va y avoir une razzia dans ce magasin je crois....
A bientôt pour d'autre nouvelles fraîches !!!
Eric et Bob
Mais tout d'abord un bref rappel, sur notre projet:
Nous avons quitté le Burkina Faso, le 11 août, sans avoir pu installer notre parc informatique, du au retard dans le dédouanage du container (tranporteur malveillant, lenteurs...) Mais ce n'est pas pour cette raison, que nous avons chomé durant notre séjour: plus de 100 étudiants de l'I.G.E.D.D et de l'Université ont été formés par notre équipe. 5 formations leur étaient proposées : Montage /démontage d'un ordinateur ; Linux ; Open Office ; Internet et sécurité Informatique ; Initiation aux réseaux
Le container a finalement été dédouané fin septembre, après 5 mois passé à la douane. Le matériel a immédiatement été récupéré par le personnel de l'Université et entreposé à l'I.G.E.D.D. Grâce à nos formations, Pierre SAMON, technicien de l'IGEDD et Moussa SOUGOTI, professeur à l'IGEDD et représentant du DPNTIC (Département de la Promotion des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) ont pu faire l'inventaire du tout le matériel, le tester et l'installer dans les salles.
Cependant, dans le soucis de remplir totalement notre mission, nous avons décidé d'organiser un second séjour pour deux des membres d'Afric'Edu: Julien BRAS et Eric SCHNEIDER.
Cette mission s'est déroulée du vendredi 17 décembre au vendredi 23 décembre. Elle a eu pour but de finaliser l'installation du réseau et d'en assurer la pérennité.
Voici, un résumé de notre séjour au Burkina Faso:
Vendredi 16 décembre:
L'arrivée sur Ouaga était programmée pour 17h30, heure locale, mais une tempête de neige à New York retarde notre vol de deux bonnes heures. Finalement, nous retrouvons la voiture de Pierre vers 19h30 heure locale, et après un petit tour à la BCIAB pour tirer quelques francs CFA, nous nous retrouvons à l'IDS comme cet été...
Adama avait prévu le coup en installant des bouts de bois sur chacun de nos lits, afin de poser les moustiquaires.
Après ces menues installations, une seule envie s'est dégagée : Afric'Soir !!! Direction notre maquis fétiche, juste à sortie de l'IDS, ou nous avons retrouvé le chef, surpris de nous revoir après 5 mois d'absence... Pour fêter ça, nous avons dégusté les deux délicieuses bières burkinabées: la Brakina et la Sobbebra, accompagnées d'un bon saucisson lyonnais. Que du bonheur!!!
Des sentiments bizarres nous ont envahis ce soir là. Etrange sensation de revenir sur le lieu de notre action de cet été. Sans toute l'équipe. Mais rien n'a changé pendant ces 5 mois. Les burkinabés autour de l'IDS sont toujours aussi sympatiques, les burkinabés autour de l'aéroport toujours autant en quète d'un euro... Le toit du batiment A de l'IDS (ou on a séjourné 5 semaine cet été) est toujours aussi agréable. Sensations étranges ce soir là.
Samedi 17 décembre:
Après une agréable nuit sous la couette, un petite douche froide vient nous réveiller (ou elle vient à nous, on ne s'en souvient plus trop...). Pierre vient nous chercher pour aller à l'Université. On est accompagné également par les onduleurs, qui nous ont fait souffrir durant le voyage, et le matériel que nous avons ramené de France.
La matinée est consacrée à l'état des lieux, au planning de notre semaine et au sertissage de la salle libre service.
Bilan de l'état des lieux :
20 ordinateurs ont été installés dans cette salle, qui sera ouverte à tous les étudiants de l'I.G.E.D.D (license et master) et par la suite à d'autres étudiants de l'Université.
Un parc de 10 ordinateurs a été mis à disposition des étudiants thésards de l'IGEDD.
10 ordinateurs doivent être installés à l'UFR-SEA (Unité de Formation et de Recherche - Sciences Exactes et Appliquées). Ce département manque cruellement de matériel informatique; plus de 300 étudiants y travaillent actuellement et ils n'ont à peine 20 ordinateurs à leur disposition. Jean KOULIDIATTI, le directeur de l'I.G.E.D.D, nous a donc sollicité, afin de pouvoir aider ces étudiants, en leur fournissant plus de ressources.
Enfin le reste du matériel a quelques problèmes techniques dus au voyage, qu'il nous faudra résoudre.
Après ce bilan, nous nous sommes immédiatement attelés au travail. Grâce à l'aide d'étudiants de l'I.G.E.D.D, nous avons serti tous les cables réseaux de la salle libre-service. Le serveur et le switch ont ensuite été mis en place.
Il nous a resté à connecter cette salle au réseau de l'Université. Mais après une bonne journée de travail, nous avions envie de retrouver les bons lits de l'I.D.S.
Dimanche 18 décembre:
Journée de "repos" avant une grosse semaine de travail.
Nous en avons profité pour faire du shopping (afin de faire de magnifiques cadeaux de Noël). Nous avons retrouver bon nombre de lieux familiers comme les vitrines de Bronze, le village artisanal...
Nous avons aussi pu redécouvrir les «joies» de la négociation. Et grâce à quelques "tours", que nous avons réservés aux impitoyables marchands, nous avons réussi à faire de bonnes affaires.
En circulant en ville, nous avons aussi remarqué quelque chose d'étonnant. Nous étions jusque là habitués aux marchands de babioles, qui vous accostent en permanence. Mais à cette période de l'année, nous avons découvert les vendeurs de sapin de Noël et de décorations. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils se balladent en ville, avec 3-4 sapins sous les bras et le corps chargé de décorations de Noël. C'est vraiment atypique, de voir ça en Afrique.
D'ailleurs le soir, lorsqu'ils allument leurs sapins et leurs guirlandes au bord de la route, cela créé une atmosphère irréaliste. La ville scintille sous ces lumières... Et on ne vous parle pas des chansons de Noël, qui passent entre deux «coupé-décalé» à la radio...
En fait nous avons l'impression d'être en plein mois de juillet alors que nous sommes qu'à quelques jours de Noël.
Lundi 19 décembre:
La mission aujourd'hui a été de connecter notre réseau à internet. En théorie, cette tache aurait du nous prendre très peu de temps mais c'est sans compter sur l'organisation africaine.
Pour celà, il a fallu relier notre serveur au switch qui se trouve dans un coffret d'une salle proche de la notre. Le problème, c'est que nous n'avions ni les clés de cette salle, ni les clés du coffret.
Nous avons donc joué, toute la matinée, au chat et à la souris afin de réunir la personne qui avait les clés des portes de la salle, ainsi que celle qui avait les clés du coffret.
Heureusement, vers midi, nous avons pu finalement avoir accès au coffret, installer notre switch et établir la connexion avec le serveur. Du coup, les ordinateurs ont pu être connectés à Internet. Mis à part 4 ordinateurs, le parc informatique, destiné à être en libre service, fonctionne bien.
Mardi 20 décembre:
Après avoir relié la salle au réseau de l'université, il a fallut faire quelques menues configurations sur chaque machine afin que le parc soit pleinement utilisé. Une gestion de profil a donc été mise en place afin de donner à chaque étudiant inscrit, un espace de stockage pour ses données.
Les quelques ordinateurs à problèmes ont également été remis à neuf. A la fin de la journée, on pouvait considerer que la salle libre service était entièrement opérationnelle.
Petite anecdote de la journée:
Depuis hier, les étudiants savent que les ordinateurs de notre salle sont connectés à Internet. Ce qui a suscité un certain engoument chez eux. Du coup, pas mal d'entre eux sont venus aujourd'hui "surfer" sur le Web.
Le problème, est que même au Burkina Faso, il y a des sites de rencontre, des tchatts et ne parlons pas de MSN... Du coup, pendant que nous étions en train de travailler, ils étaient entrain de tchatter sur Internet...
Heureusement, qu'il y aura un ingénieur système qui controlera l'utilisation de cette salle, lorsqu'elle sera en libre service...
Mercredi 21 décembre:
Nous nous sommes aujourd'hui attaqués aux ordinateurs, qui ont des problèmes techniques (environ 8). Ces problèmes sont dus vraisemblablement au transport et à la longue attente du container à la douane cet été. Ce sont les ordinateurs qui ont été mis de côté par Pierre et Moussa, lors de l'installation.
Nous nous sommes aussi occupés de la réinstallation des 10 ordinateurs, qui vont être installés dans l'UFR-SEA (Unité de Formation et de Recherche - Sciences Exactes et Appliquées).
Etant donné qu'une seule réinstallation nous demande pas mal de temps (et que souvent les ordinateurs ont des problèmes), nous avons passé une bonne journée de travail à l'Université. En fait, depuis deux jours, nous avons passé plus de 11h par jour à l'installation du matériel.
Du coup, en quittant l'Université ce soir là, nous n'avons vraiment pas la «patate».
Nous nous retrouvons donc au 5/5 pour diner. Et à notre grande surprise, lorsque le chef nous apporte notre commande, il vient avec 3 énormes plats, remplis de pates, de frites, de pommes sautées, et de viande. Nous n'en croyons pas nos yeux... Peut être que le chef a deviné que nous étions pas dans notre plus grande forme. En tout cas, le repas fut un réel régal...
Et pour finir la soirée en beauté, nous sommes allés une dernière fois à Afric'Soir notre maquis préféré, pour boire une Brakina.
Jeudi 22 décembre:
Aujourd'hui les étudiants de l'I.G.E.D.D nous ont invité à la remise des diplomes de la 1ère promotion des étudiants en Licence Professionnelle en Génie de l'Environnement. Les étudiants que nous avons cotoyés: Adama, Habib, Alain, Fernand... ont donc fini leur licence.
Malheureusement, comme la cérémonie a eu lieu dans la matinée, nous n'avons pas pu y assister, étant donné la quantité de travail qu'il nous reste à effectuer jusqu'à demain soir.
Nous en avons profité pour initier Moussa à la gestion des profils grâce au serveur et finir l'installation des Pcs, destinés à l'UFR.
Par contre, nous n'avons pas refuser l'invitation au coktail des étudiants et fêter avec eux la fin de leur formation.
Cette soirée était parrainée par la marraine de la promotion. Beaucoup d'officiels y étaient donc invités.
Celà nous a rappelé un certain 14 juillet à la maison de l'ambassadeur cet été. Nous avons pu redécouvrir l'empressement africain devant un buffet. En effet, lorsque les gens ont été invités à se servir, ils se sont tous précipités sur le buffet.
Tout le monde se bousculait pour avoir une brochette et une simple boulette de viande. En 2-3 minutes (montre en main), les plats étaient expédiés.
Pour finir la soirée, nous sommes allés redécouvir le plaisir du «coupé-décalé», en allant dans un maquis, danser avec les étudiants de l'I.G.E.D.D. Ce faut une soirée formidable...
Vendredi 23 décembre:
Dernier jour en Afrique... et oui, ça passe vite, surtout quand les journées sont aussi chargées!
Nous finalisons le parc et donnons les derniers conseils à Moussa et Pierre, afin qu'ils gèrent au mieux le parc.
Jean KOULIDIATI (directeur l'I.G.E.D.D et vice-président de l'Université) nous invitent dans la soirée, à fêter l'accomplissement de notre projet.
Et notre départ est prévu à 21h à l'aéroport de Ouagadougou.
Conclusion:
Voilà, cette dernière newsletter met fin à l'installation de notre parc informatique à l'Université de Ouagadougou. Dès janvier 2006, les étudiants pourront accéder à la salle libre-service. Les thésards ont déjà une dizaine d'ordinateurs à leur disposition et les étudiants de l'UFR-SEA verront bientôt arriver du matériel informatique. Bien entendu, nous allons rester en contact avec Pierre et Moussa, afin de les aider dans la maintenance du parc.
Pour nous, cette expérience fut formidable. Elle nous a permis de nous investir dans une mission humanitaire et nous rendre utile dans un tel projet. Nous avons beaucoup reçu da la part des Burkinabés et ce projet fut aussi une bonne leçon de vie.
Nous espérons donc vous avoir fait partager une partie de notre séjour. A travers ces newsletters, nous avons souhaité vous donner envie de venir en Afrique, découvrir sa population chaleureuse et sa culture.
Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes à toutes et à tous ; et avec un peu d'avance, tous nos meilleurs voeux pour la Nouvelle Année.
Afric'Edu Team,
de Ouaga : Eric (Communicateur) et Julien (Bob)